08  (c'est trop tard pour s'excuser) posté le samedi 01 novembre 2008 11:06

-Un mois.

Comme un coup de fouet au coeur. Les larmes me montent aux yeux. Je ne peux pas y croire. Je ne veux pas y croire. Alors c'est ça la peure? La vrai peure. Celle qui nous annonce une vérité irréversible?

-N..non... NON!!! Vous... vous mentez. Dîtes-moi que vous mentez... Je vous en supplie...

Je tombe à genoux, en larme. J'agrippe de toutes mes forces le pantalon de mon medecin. Il détourne le regard.

-Je suis navré.

La pluie tombe. Les cloches sonnent. Un piano résonne au loin. Les larmes continuent de tomber. Quel est l'avantage de connaître sa fin? Quel est l'avantage de savoir quand on va mourir? Pourquoi me l'on-t-il dit? Un mois... Et cette cloche qui ne cesse de sonner. Et se piano qui ne cesse de jouer. Et la pluie... J'ai mal. Tuez-moi. Si je dois finir par mourir jeune, pourquoi pas maintenant? Mourir à 24 ans...

Le sol est froid. Je suis si froide. Si pale. La maladie peut-elle ronger à ce point? La maladie peut-elle nous détruire à ce point? Je croyais que ça faisait partit de la vie. Pas de la mort.

Je tousse. Comme un voile qui se déchire. Comme le son d'une cloche funèbre. Cancer du poumon. Phase terminale. Un mois à vivre. Ces mots qui tournent dans ma tête. Sans s'arrêter. Une migraine lancinante. Pourquoi ne pas mourir maintenant? Pourquoi espérer encore un mois entier alors que je sais ma mort proche? Je ne voie pas de raison. Pourquoi moi? Qu'ai-je fait pour mériter ça? POURQUOI MOI?

Je me sens partir. On me porte dans un lit. Une autre crise. De la morphine coule dans mon sang. Apaiser ma douleure pour mieux la raviver. Je voudrais envoyer valser ces appareils auxquels ma pauvre vie se rattache. Tous ces appareils autour de moi... la vie est-elle si artificielle? Et que ce passera-t-il une fois que je serais morte? Je ne peux pas croire qu'il n'y a que le néant qui m'attend. Cela signifierait que ma vie a été vaine. Je ne veux pas y croire. Mais quand notre mort est proche, en quoi peut-on croire?

Le son des cloches. La pluie continue de tomber. Les ballons blancs s'envolent. Le vent siffle. Le monde ne s'arrêtera pas. Tout continuera, comme si je n'avais existé. C'est triste n'est-ce pas? De ce dire que notre vie ne changera rien. Que nous ne sommes qu'une fourmis, et peut importe notre vie ou notre mort. La terre continura de tourner. Les cloches sonneront de nouveau. La pluie effacera toutes traces de ma présence. Les ballons blancs ne resteront pas dans nos mains. Le vent les envolera loin.

Les cloches sonnent.

Mais je ne peux partir maintenant.

La pluie tombe.

Mais je dois vivre encore un dernier mois.

Les ballons blancs s'envolent.

Mais je peux encore les distinguer.

Le vent fouette mon visage.

Mais je distingue encore un petit bout de bonheur.

Le son des cloches.

Et j'attends.

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